Catégories

Nouveautés

» Toutes les nouveautés
Fiche d’élevage pour Pogona henrylawsoni



Pogona henrylawsoni est un agamidé originaire d’Australie, à savoir du Queensland du centre et du nord–ouest.
En comparaison avec Pogona vitticeps, le pogona nain a une taille inférieure, 25–30 cm de longueur totale dont plus de la moitié pour la queue, et il ne possède pas de "barbe" épineuse. En revanche, il est aussi familier que l’agame barbu, voire plus, et il a le même régime alimentaire omnivore. Il est toutefois un peu plus délicat pendant ses 2 premiers mois de vie. Une fois passé ce cap, il est tout aussi robuste que Pogona vitticeps.

AMENAGEMENT DU TERRARIUM

Un terrarium adapté à recevoir un couple ou un trio de jeunes Pogona henrylawsoni peut mesurer 60 x 40 x 30 cm environ. Pour les adultes, il faudra prévoir un terrarium de 80 x 50 x 50 cm au minimum. D’une manière générale, on peut garder ensemble un mâle et plusieurs femelles, tandis que deux mâles ne peuvent cohabiter.
Un tube néon qui émet des UVA et UVB, nécessaires à la correcte absorption intestinale du calcium (ex. : Zoomed Reptisun 5.0® ), sera placé à l’intérieur du terrarium (le verre empêche le passage des UV), sur le plafond ou sur la paroi du fond, tout en sachant que les UV émis par ce type de néons ne sont plus efficaces au-delà de 30 cm environ.
Sur un côté du terrarium, un spot de 40W ( 60W pour les adultes), placé à 20 cm du sol, crée un point chaud qui atteint 40–45° C. Au point le plus frais, au côté opposé, la température sera de 25–28° C environ. Un aménagement de ce genre est indispensable car P. henrylawsoni est un lézard déserticole et heliotherme, c’est–à–dire qu’en milieu naturel il se chauffe par rayonnement solaire. Si le terrarium est chauffé par le bas (avec un câble ou un tapis chauffant, par exemple) ou s’il est chauffé par une lampe qui n’émet pas de lumière (comme la lampe infrarouge ou la lampe céramique), le pogona nain n’aura pas des bonnes conditions de maintenance et il pourra ne plus s’alimenter, dépérir et mourir, même si la température ambiante est suffisamment élevée.
La nuit le chauffage est coupé et la température du terrarium redescend à la température de la pièce (entre 16 et 28° C, selon les saisons).
Des aérations grillagées permettent un changement d’air suffisant pour empêcher la surchauffe du terrarium.
Le décor sera le plus simple possible pour éviter de donner trop de cachettes aux grillons et autres proies (les insectes peuvent devenir des "prédateurs" pour des lézards de petite taille, surtout la nuit : ils peuvent les blesser, les mutiler ou les tuer). Le décor–type pour mes terrariums d’élevage des jeunes P. henrylawsoni est composé par quelques branches qui permettent aux animaux de grimper jusqu’au tube néon et un demi–tuyau sous lequel les lézards peuvent se cacher quand ils sont stressés ou pour dormir. Dans le terrarium des adultes, j'aménage également une souche et des écorces de chêne–liège pour augmenter la "surface vitale" à mes animaux.
Les jeunes sont maintenus sans substrat jusqu’à ce qu’ils aient atteint la taille de 15 cm. De cette manière, les risques d’occlusion intestinale sont moindres. Cela me permet également de contrôler leurs excréments, source de renseignements sur leur état de santé, et de leur garantir une hygiène maximale, car je nettoie à la javel le fond du terrarium tous les jours. Pour les jeunes de plus de 15 cm et les adultes, j’utilise comme substrat du Litalabo®, à savoir des minuscules copeaux de bois conçus pour les cobayes qui, même s’ils sont ingérés, ne provoquent pas des blessures internes car ils ne sont pas coupant et sont éliminés avec les excréments.

ALIMENTATION

Le menu de base des jeunes P. henrylawsoni en terrarium comprend en premier lieu des insectes de taille adaptée, c’est–à–dire qui ne soient pas plus grands que la tête du lézard. D’une manière générale, les micro–grillons (Acheta domesticaGryllus assimilis) et les micro–blattes (Nauphoeta cinerea, Blaptica dubia, Blaberus atropos) représentent les insectes les plus adaptés. Les vers de farine, les asticots et les teignes de ruche sont à proscrire. Les jeunes lézards ne digèrent pas la chitine des vers de farine, les asticots quant à eux peuvent être traités et ainsi empoisonner l’animal.
Les jeunes P. henrylawsoni seront nourris avec des insectes tous les jours ; d’une manière générale on peut compter trois micro–grillons (ou micro–blattes) par individu de moins de 15 cm et par repas. Avant de leur donner des insectes, on leur proposera une coupelle de salade hachée finement (romaine, frisée, scarole, mâche, chicorée, cresson, endives…), et éventuellement des légumes râpés (carottes, courgettes…) ou coupés très finement (haricots verts…).
Les insectes, ainsi que la salade et les légumes, seront saupoudrés avec du carbonate de calcium à chaque fois qu’ils seront proposés, tandis qu’une fois par semaine on ajoutera à la nourriture des vitamines par un mélange de "Petphos® croissance" (complément vitaminique pour chiots) et de vitamines pour oiseaux (Ocevital®).
Aux P. henrylawsoni adultes (25–30 cm environ), on peut également proposer des souriceaux, pinkies ou blanchons. Cependant –selon l’état général de l’animal, la saison et le sexe (les mâles seront nourris moins que les femelles en phase de reproduction)– il est préférable d’envisager un régime constitué au 60% de végétaux. Les vers de farine sont à exclure pour les adultes aussi, car ils sont régurgités la plupart du temps.
Une coupelle d’eau devra être toujours présente dans le terrarium et changée quotidiennement. Pour les adultes, je mets dans le terrarium une petite bassine d’eau (25cm x 10cm x 5cm) dans laquelle ils peuvent se baigner.

REPRODUCTION

Pour reconstituer en captivité le rythme des saisons, il est nécessaire –pour les juvéniles également– de varier la photopériode, qui sera de 14h en été et 8h en hiver. Le changement de la durée du jour sera mis en place progressivement, en modifiant la photopériode d’une demi–heure par semaine à partir du mois de septembre jusqu’à atteindre les 8h de lumière à la fin–novembre. Début décembre, dans le terrarium des adultes la lampe et le tube néon sont éteints et les animaux entrent dans une phase de repos pendant laquelle ils restent tout le temps dans leur cachette ou sur les branches. Il faut préciser que quinze jours avant l’extinction du chauffage (spot etc.), il est nécessaire d’arrêter d’alimenter les animaux, afin qu’ils commencent l’hivernage avec les intestins presque vides. Les températures varient entre 15 et 23° C environ. En revanche, pendant cette période d’hivernage, les juvéniles continuent à être chauffés et à s’alimenter trois fois par semaine environ. Début–janvier, la lampe et le néon seront de nouveau allumés chez les adultes et la durée du jour augmentera d’une demi heure par semaine jusqu’à la mi–février (il y aura alors 11h30 de lumière par jour) ; ensuite, on ajoutera encore une demi heure au début–mars (12h), à la mi–mars (12h30), au début du mois de mai (13h), à la mi–juillet (13h30) et finalement au début–août (14h).
A l’âge d’un an –si les lézards ont atteint la taille adulte– P. henrylawsoni peut se reproduire. Les accouplements commencent assez tôt en saison (janvier–février) et peuvent parfois se poursuivre jusqu’en septembre. D’après mes observations, une femelle peut pondre jusqu’à 7 fois par saison. Le temps de gestation est d’environ 3 à 4 semaines. Chaque ponte est constituée de 15 à 25 œufs. Les œufs sont pondus dans un trou creusé par la femelle dans la boite de ponte, et aussitôt recouvert. Ils sont mis en incubation dans une boite contenant 5 cm de tourbe humide et fermée par un couvercle troué. Cette boite sera placée dans un incubateur où la température est de 30 °C et l’hygrométrie de 100% environ. Les œufs éclosent après 50 à 60 jours environ.

Pour en savoir plus :



BIBLIOGRAPHIE



· BROGARD J., 1992. Les maladies des reptiles. Collection Médecine Vétérinaire : 320 p.
· COGGER H. G., 2000. Reptiles and Amphibians of Australia. New Holland Publishers.
· DE VOSJOLI P., MAILLOUX R., 1997. General care and maintenance of bearded dragons. Advanced Vivarium Systems. 71 p. 
· DE VOSJOLI P., 1997. The lizards keepers handbook. Advanced Vivarium Systems. 176 p.
· GERARD P., 1997. L’élevage des lézards. Philippe Gérard Editions. 82 p.
· GERARD P., 1998. L’élevage des agames barbus et des Uromastyx. Philippe Gérard Editions. 67 p.
· GERARD P., HUSSARD N., ROSSELLE S., SAVARIN P., SCHILLIGER L., 2003. Atlas de la terrariophilie. Les lézards. Animalia Editions Vol. 3 : 192 p.
· GREER A. E., 1989. The Biology and Evolution of Australian Lizards. Surrey Beatty & Sons Pty Limited.
· HAUSCHILD A., BOSCH H., 2000. Agames barbus et lézard à collerette. Matthias Schmidt Publications : 95 p.
· HOSER R. T., 1989. Australian Reptiles & Frogs. Pierson & Co. 
· MAIER P., Hussard N., 2002. Maintenance et reproduction en captivité de Pogona henrylawsoni (WELL & WELLINGTON, 1985). Reptil Mag 8 : 20-24.
· MANTHEY U., SCHUSTER N., 1996. Agamid Lizards. TFH : 141–159.
· MATTISON C., 1989. Lizards of the world. Blandford : 192 p.
· MATZ G., VANDERHAEGE M., 1978. Guide du Terrarium. Delachaux et Niestle : 350 p.
· OBST F. J., RICHTER K., JACOB U., 1988. Atlas of Reptiles and Amphibians for the Terrarium. TFH : 48–50.
· ROGNER M., 1997. Lizards. Krieger Vol. 1: 138.
· SCHILLIGER L., GERARD P., 1998. Allo, véto! Philippe Gérard Editions. 82 p.
· SCHILLIGER L., 2004. Guide pratique des maladies des reptiles en captivité. Editions MED’COM : 224 p.
· SPRACKLAND R. G. 1992. Giant Lizards. TFH : 169–170.
· WEIGEL J. 1989. Care of australian Reptiles in captivity. Reptile Keepers Assoc.