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Sauvons l'Émyde lépreuse avec l'A.R.T : Association du Refuge des Tortues

Publié le : 22/11/2020 - Catégories : ACTUALITÉS

Jérome Maran un ami de longue date, fondateur de l'A.R.T (Association du Refuge des Tortues) nous a envoyé un document nous informant de son dernier projet : la création d'une station d'élevage dédié à l'étude et à la conservation de l'Emyde lépreuse. Cette action vise à préserver la tortue la plus menacée de France et à empêcher sa disparition dans son milieu naturel !

Voici un résumé du document qu'il nous a fait parvenir, nous comptons sur votre soutien pour permettre à Jérome et son équipe d’œuvrer concrètement à la préservation de Mauremys leprosa.

Pour vous engager réellement dans la conservation des espèces menacées vous pouvez facilement faire un don en cliquant ci-dessous :

CRÉATION D’UNE STATION D’ÉLEVAGE DÉDIÉE À L’ÉTUDE ET À LA CONSERVATION DE L’ÉMYDE LÉPREUSE MAUREMYS LEPROSA (SCHWEIGGER, 1812)

INTRODUCTION

Le Refuge des Tortues est un centre d’accueil pour tortues aquatiques et terrestres implanté dans la commune de Bessières en Haute-Garonne (31).

Spécialisé dans la prise en charge des tortues exogènes, le Refuge des Tortues est de plus en plus confronté à l’accueil de tortues françaises dont l’Émyde lépreuse et la Cistude d’Europe.

Fort de son expérience, de ses compétences reconnues et de son envie d’agir en faveur de la protection de la biodiversité, le Refuge des Tortues souhaite créer une station d’élevage concernant la tortue aquatique française la plus rare et la plus menacée : l’Émyde lépreuse.

Chaque année, des spécimens de cette espèce nous sont confiés par des particuliers mais également par l’administration française (ENVT).

Notre objectif est de construire une station d’élevage permettant l’accueil de ces tortues dans des conditions optimales. Ces spécimens permettront la constitution de groupes d’élevage dans les infrastructures même du refuge ou seront relâchés directement dans des zones protégées in natura.

Notre volonté est d’associer notre démarche à d’autres structures privées ou publiques dans un souci d’efficacité, de partage, de transparence et de respect de la réglementation en vigueur.

CONTEXTE ACTUEL

La France métropolitaine compte parmi son herpétofaune indigène une espèce de tortue terrestre [la tortue d’Hermann occidentale (Testudo hermanni hermanni)] et deux tortues aquatiques [la Cistude d’Europe (Emys orbicularis) et l’Émyde lépreuse (Mauremys leprosa)]. Ces trois espèces sont intégralement protégées au niveau national. Chacune bénéficie d’un Plan National d’Actions (PNA) : le PNA consacré à la tortue d’Hermann est piloté par la Station d’Observation et de Protection des Tortues et de leur Milieu (SOPTOM) ; celui de la Cistude d’Europe par la Société Herpétologique de France (S.H.F) et le PNA en faveur de l’Émyde lépreuse est conduit par le Conservatoire des Espaces Naturels d’Occitanie (CEN Occitanie).

L’ÉMYDE LÉPREUSE EN QUELQUES MOTS

En 1812, le médecin et naturaliste allemand August Friedrich SCHWEIGGER (1783-1821) décrit dans son remarquable « Prodromus Monographiae Cheloniorum » l’Émyde lépreuse sous la combinaison d’Emys leprosa, à partir d’un spécimen femelle subadulte toujours conservé en alcool dans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, laboratoire des Reptiles et Amphibiens, sous le n° MNHN 1934. Son nom de leprosa ne résulte pas, comme cela a été trop souvent écrit, de l’altération de la carapace par des algues aquatiques et qui aurait comme conséquence une desquamation partielle de la couche épidermique, mais plutôt de la présence sur l’holotype de petites saillies bossues sur les écailles de la dossière qui rappellent les nodules causés par la lèpre (BOUR et MARAN, 1998).

  1. L’Émyde lépreuse est une tortue dulçaquicole de taille moyenne qui atteint une longueur de 25 cm pour un poids de 2 kg. Le mâle est plus petit et moins lourd que la femelle. Sa coloration générale est marron clair à olivâtre. Certaines populations appartenant à la sous-espèce saharica ont l’iris de couleur bleue plus ou moins intense en fonction des populations considérées.

Espèce méditerranéenne ibéro-maghrébine, l’Émyde lépreuse possède une aire de répartition relativement vaste occupée par les deux sous-espèces actuellement reconnues : du sud-ouest de la France (Languedoc-Roussillon) jusqu’au Maroc en passant par la péninsule ibérique (Espagne et Portugal) pour Mauremys leprosa leprosa (Schoepff in Schweigger 1812) ; de l’est et du sud du Maroc, de la Tunisie, de l’Algérie jusqu’en Libye pour Mauremys leprosa saharica Schleich 1996. Sa limite sud de répartition se situerait en Mauritanie où quelques populations isolées existeraient encore mais des prospections sont nécessaires pour confirmer ou infirmer sa présence.

L’Émyde lépreuse atteint sa limite septentrionale de répartition dans le sud-ouest de la France, plus précisément dans les Pyrénées-Orientales. Elle est également signalée dans certains départements de la Région Nouvelle-Aquitaine. Cela ne reflète pas nécessairement la présence avérée de populations viables mais plutôt de spécimens isolés, échappés de captivité ou introduits volontairement (CISTUDE NATURE, 2010 ; POTTIER, 2016).

Espèce caractérisée par une forte valence écologique, l’Émyde lépreuse fréquente tous les types de points d’eau présents sur l’ensemble de son aire de répartition : rivières, mares, fleuves, ruisseaux, lacs, anciennes gravières. Elle se rencontre aussi bien en eau vive ou stagnante, qu’en eau douce ou saumâtre. L’Émyde lépreuse peut être localement abondante avec des populations comptant plusieurs centaines d’individus. Il n’est pas rare de l’observer en compagnie de la tortue Cistude avec qui elle partage parfois le même habitat. C’est une espèce vigoureuse qui semble plus résistante à la pollution de l’eau que ne l’est la Cistude. Ses principaux prédateurs sont les oiseaux et les mammifères qui consomment à la fois les œufs, les jeunes et les adultes (notamment la loutre d’Europe).

L'EMYDE LÉPREUSE, UNE ESPÈCE PROTÉGÉE

Au niveau international, l’espèce (sous l’appellation Mauremys caspica leprosa) est inscrite à l’annexe II (espèce de faune strictement protégée) de la Convention de « la vie sauvage et du milieu naturel » de l’Europe (Berne, 1979).

Au niveau européen, l’myde lépreuse est inscrite aux annexe II (espèce d’intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation) et IV (espèces d’intérêt communautaire qui nécessite une protection stricte) de la Directive européenne 92/43/CEE, « Habitats-Faune et Flore » du 21/05/1992.

En France, l’espèce est totalement protégée depuis 1979 (arrêté du 24/04/1979). Elle est inscrite à l’article 2 de l’Arrêté du 19 novembre 2007 fixant les listes des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. Cet arrêté interdit, sur tout le territoire métropolitain et en tout temps, la destruction ou l’enlèvement des œufs ou des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle des animaux dans leur milieu naturel, ainsi que sur l’aire de répartition de l’espèce, la destruction, l’altération ou la dégradation des sites de reproduction. De plus, dans l’intérêt de la conservation des espèces animales tant sauvages que captives, l’arrêté du 8 octobre 2018 fixe les règles de détention en France des animaux non domestiques et en particulier des tortues (JORF n°0237 du 13 octobre 2018). En France, l’Émyde lépreuse fait partie des espèces figurant sur les listes établies pour l’application des articles L.411-1 et L.411-2 du code de l’environnement (tout comme Testudo hermanni et Emys orbicularis) et, ne faisant pas partie des espèces soumises à détention libre ou à simple déclaration, elle ne peut être détenue et élevée qu’au sein des « établissements d’élevage » avec nécessité pour un particulier d’être en possession du certificat de capacité pour cette espèce. Chaque tortue détenue doit être inscrite dans le registre des entrées et sorties de l’établissement d’élevage (Section 2° ; Le marquage par transpondeur à radiofréquences est obligatoire (Article 3, Annexe 1, 3.1). Chaque individu ainsi identifié détenu en captivité doit être enregistré au fichier national d’identification (Article 7) par télé service sur i-fap.fr.

L’myde lépreuse n’est pas une espèce figurant à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction (CITES) ; En France, lors de la cession, à titre gratuit ou onéreux, d’une Émyde lépreuse, espèce protégée en application des articles L.411-1 du code de l’environnement, le cédant et le cessionnaire établissent une attestation de cession sur laquelle figurent toutes les informations dans le respect de l’Article 10 de l’arrêté du 8 octobre 2018.

L’myde lépreuse étant une espèce protégée, toute manipulation de l’espèce nécessite des autorisations spécifiques : formulaire CERFA n°13616*01 (Demande de dérogation pour la capture de spécimens d’espèces protégées), formulaire CERFA n°11629*02 (Demande de dérogation pour le transport de spécimens d’espèces animales protégées). Ces formulaires sont adressés par la structure porteuse du projet à la DREAL, ou à la DDT, de la région concernée qui en assure l’instruction. Ces demandes d’autorisation sont nominatives, l’objectif de la manipulation doit être motivé et clairement explicité et l’opérateur doit être en mesure de justifier sa compétence.

CRÉATION D'UNE STATION D'ELEVAGE

Le Refuge des Tortues est un centre d’accueil pour tortues aquatiques et terrestres implanté dans la commune de Bessières en Haute-Garonne (région OCCITANIE). Il est géré par l’association éponyme reconnue d’intérêt général depuis le 19 décembre 2017 (voir XV/-ANNEXES). Le Refuge des Tortues poursuit comme double objectif l’accueil des tortues indigènes et exogènes et la sensibilisation du public à la protection des tortues, et de la biodiversité en général. Chaque année des centaines de tortues sont prises en charge par le refuge de Bessières. Les animaux sont confiés soit par des particuliers désireux de s’en défaire soit par l’administration à l’occasion de saisies (OFB, DDPP, DREAL, ENVT) ou d’abandons. Les tortues sont élevées dans des enclos pour les tortues terrestres et dans des bassins pour les tortues aquatiques dont les aménagements respectent étroitement leurs exigences écologiques. La finalité du refuge n’est pas de conserver sur site l’ensemble des tortues apportées, mais nous y sommes contraints et forcés, compte tenu du fort pourcentage d’animaux hybrides. Cependant, si les conditions sont réunies, certains spécimens sont relâchés : le 21 juillet 2020, deux Émydes lépreuses (Mauremys leprosa) ont été relâchées dans une réserve des environs de Perpignan et le vendredi 11 septembre, un mâle Cistude d’Europe (Emys orbicularis) a retrouvé sa liberté dans le département des Landes après deux années de soins au Refuge de Bessières.

Le Refuge des Tortues est ouvert au public depuis le 19 avril 2019 : chaque année, il accueille et informe du 1er avril au 31 octobre les visiteurs, petits et grands, sur la protection de la nature, et des tortues en particulier. Le Refuge des Tortues s’étend sur une superficie d’un hectare et possède une réserve foncière d’une quarantaine d’hectares. Ce refuge unique en France compte 10 bassins et 13 enclos en présentation au public et 9 bassins et 47 enclos en zone de quarantaine (zone non accessible au public). À l’heure actuelle, le Refuge des Tortues héberge quelques 1300 tortues réparties en 32 espèces différente.

POURQUOI CRÉER UNE STATION D'ELEVAGE

La volonté de créer une station d’élevage consacrée à l’myde lépreuse découle d’un double constat : le premier concerne l’accueil régulier d’Émydes lépreuses au refuge des tortues. Ces dernières sont apportées par des particuliers ou confiées par l’administration ; le second est lié à la présence de nombreuses Émydes lépreuses détenues isolément dans des parcs zoologiques de l’hexagone ou dans des collections privées. Ces spécimens pourraient intégrer un programme d’élevage ou de relâcher. Confronté à cette situation, le Refuge des Tortues de Bessières a engagé une réflexion avec ses plus proches partenaires de manière à trouver une issue favorable pour ces tortues. L’idée de créer la première station d’élevage de l’Émyde lépreuse est ainsi née. Il nous parait fondamental de souligner que le rôle du Refuge des Tortues se cantonnera à l’accueil et à l’élevage des Émydes lépreuses. Les opérations de relâcher seront pilotées par les coordinateurs du PNA en faveur de l’Émyde lépreuse. Les actions du Refuge des Tortues viendront en appui des efforts réalisés en faveur de cette espèce depuis des années par les initiateurs du PNA, sans jamais entraver la politique déjà existante

LE PROTOCOLE ENVISAGÉ

À leur arrivée au refuge de Bessières, les Émydes lépreuses sont placées en quarantaine dans des bacs en PVC réservés à cet effet. Cette partie du refuge n’est pas accessible au public. Les tortues sont ensuite acheminées au centre de soins de l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT) dans les plus brefs délais.

Un bilan sanitaire incluant a minima un examen clinique, une recherche parasitaire et le cas échéant une vermifugation et/ou des soins, ainsi qu’une identification seront mis en œuvre. Pour cela, une micro-puce est implantée par voie sous-cutanée ou intramusculaire dans la cuisse gauche de chaque animal. Ainsi, les tortues possèdent toutes un numéro unique composé de 15 chiffres (exemple : 250228739025872) lisible en utilisant un lecteur de puce adapté (cf. Arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d’animaux d’espèces non domestiques). Des analyses génétiques seront réalisées à partir de plusieurs types d’échantillons : prélèvement d’un morceau de griffe ; frottis buccal ou prise de sang. Cette étude génétique portera sur l’ADN mitochondrial (détermination de l’haplotype) et sur l’ADN nucléaire (détermination du statut hybride des individus). Ainsi, l’identité génétique de chaque spécimen connu permettra soit de regrouper dans un même bassin les spécimens appartenant à la même sous-espèce, soit de les isoler en cas d’individus hybrides.

De retour au refuge, les tortues sont ensuite placées dans les bassins d’élevage. Dans un premier temps, les mâles sont séparés des femelles pour éviter toute reproduction. Nous attendrons les résultats des analyses génétiques pour regrouper les tortues ou pour les isoler. Cette démarche se fera au cas par cas.

Concernant ce protocole, il s’applique pour tous les spécimens considérés comme aptes à regagner le milieu naturel. Tout le travail en amont (accueil des tortues, quarantaine, soins et identification par puce électronique, analyses génétiques, acheminement des tortues sur le site de relâcher) est assuré par le Refuge des Tortues. Le choix des sites de relâcher et le suivi des animaux sont réservés aux coordinateurs du « PNA Émyde lépreuse ». Le Refuge des Tortues souhaite agir uniquement dans le cadre de ses compétences qui se résume à l’élevage des spécimens accueillis au centre.

LES ATOUTS DU REFUGE DES TORTUES

Le choix de créer une station d’élevage en faveur de l’Émyde lépreuse au Refuge des Tortues de Bessières nous parait pertinent pour les raisons suivantes :

  • -  Le Refuge des Tortues est une structure déjà existante qui bénéficie de toutes les autorisations administratives nécessaires,

  • -  Le Refuge des Tortues est prêt à s’investir pleinement dans son rôle et à mener à terme la construction de la station d’élevage,

  • -  Les compétences de l’équipe du Refuge des Tortues sont reconnues en matière d’élevage des tortues aquatiques et terrestres,

  • -  Le coût financier de la construction de la station d’élevage sera moindre compte tenu de l’existence de la structure. L’investissement concernera uniquement la réalisation des bassins et des enclos dédiés exclusivement à l’élevage des Émydes lépreuses. La main d’œuvre sera assurée par l’équipe du Refuge des Tortues,

  • -  L’engagement de partenaires privés et publics dont le sérieux et les compétences ne sont plus à démontrer,

          - La volonté affichée et claire du Refuge des Tortues d’œuvrer en totale transparence et en accord avec l’ensemble de ses partenaires. Une synergie constructive et positive qui ne peut qu’aider la cause défendue.

Pour l’ensemble de ces raisons, il nous semble important de saisir l’opportunité d’unifier nos forces et notre volonté en faveur de la tortue aquatique la plus menacée de France.

DESCRIPTION TECHNIQUE

La réalisation d’une station d’élevage en faveur de l’Émyde lépreuse nécessite la construction d’infrastructures adaptées aux exigences écologiques de l’espèce.

L’objectif du Refuge des Tortues est de construire un outil de travail qui réponde à nos exigences techniques et pédagogiques. L’ensemble des infrastructures sera réalisé par l’équipe du Refuge des Tortues.

La station d’élevage sera installée dans la partie accessible au public de manière à sensibiliser les visiteurs à la préservation de l’espèce. Toutes les conditions de sécurité seront respectées autant pour le public que pour les tortues. Ces dernières, bien que visibles, ne seront jamais manipulées. Dans la mesure où les distances de tranquillité des animaux sont respectées, la présence du public à proximité des bassins ne présente aucune gêne notable pour l’Émyde lépreuse.

Les infrastructures se déclinent en trois parties : la partie réservée aux tortues adultes, la partie réservée aux juvéniles et la partie technique.

La partie réservée aux adultes :

Un grand bassin de reproduction : cette partie comprend une série de cinq bassins : un grand de 100 m2 de superficie (voir tableau n°3 pour les dimensions exactes) et quatre plus petits (voir tableau n°3 pour les dimensions exactes). Le grand bassin abritera une population d’Émydes lépreuses composée d’une trentaine de femelles et d’une dizaine de mâles adultes. Le bassin présentera des pentes douces, avec des parties végétalisées et une profondeur d’eau qui n’excédera pas 0.60 m. Il sera doté d’une partie terrestre importante avec des buttes de terre destinées aux zones de pontes. L’ensemble sera grillagé de manière à empêcher toute tentative d’évasion. S’il est décidé de ne pas privilégier la reproduction de l’espèce, ce bassin sera utilisé uniquement par les femelles. Un second bassin sera alors construit pour héberger les mâles.

Quatre bassins d’élevage : de part et d’autre de ce bassin central, une série de deux fois deux bassins sera installée. Ces bassins seront réservés pour élever les mâles et les femelles séparément en fonction de leur sous-espèce. Chaque bassin mesurera 10 m de long par 5 m de large pour une profondeur de 0.60 m au plus profond (voir tableau n°3 pour les dimensions exactes). Les bassins seront fortement végétalisés et en pente douce. Ils bénéficieront d’une partie terrestre entièrement clôturée pour empêcher tout risque d’évasion.

La partie réservée aux juvéniles :

Une nurserie grillagée : une série de cinq petits bassins seront construits à l’intérieur d’une grande volière. Cette dernière empêchera tout risque de prédation sur les tortues juvéniles. Les jeunes tortues y seront gardées dès leur naissance jusqu’à leur deuxième ou/et troisième année. Ensuite, elles seront munies d’un transpondeur (implantation réalisée par un vétérinaire de l’ENVT) avant d’être mises à disposition des programmes de relâcher.

La partie technique :

Un local technique : un local technique en dur (parpaings) sera construit à proximité immédiate des bassins dans une zone non accessible au public. Il occupera une superficie de 50 m2. Ce local servira à abriter les couveuses pour l’incubation des œufs ainsi que tout le matériel nécessaire au bon fonctionnement de la station d’élevage.

Remarque : cette approche est amenée à évoluer en fonction des remarques, des besoins et des attentes des responsables du « PNA émyde lépreuse ».

Cette station d’élevage sera aussi un lieu de transmission de connaissances sur la biologie, l’écologie et les menaces qui pèsent sur l’émyde lépreuse. Des panneaux d’information seront installés sur le site. Ce sera également l’occasion de présenter dans le détail les principaux acteurs de la préservation de l’espèce en France.

LES ACTIONS MISES EN PLACE

La conservation d’une espèce animale implique la mise en place d’un faisceau d’actions, toutes intimement reliées les unes aux autres, et qui tendent toutes vers l’objectif fixé. Nous listons ci-dessous les actions envisagées. Cette liste non exhaustive est amenée à évoluer.

  • Création d’une station d’élevage implanté au Refuge des Tortues de Bessières,
  • Création d’un documentaire vidéo sur l’Émyde lépreuse,
  • Création d’un livre référence sur l’Émyde lépreuse,
  • Création d’un fond documentaire sur l’Émyde lépreuse. L’objectif est de rassembler tous les articles et toutes les publications sur cette espèce. Ce fond documentaire sera mis à la disposition des chercheurs et des naturalistes qui pourront être amenés à travailler sur l’émyde lépreuse,
  • Création d’une bande dessinée sur l’Émyde lépreuse. Cette BD permettra de sensibiliser les plus jeunes à la conservation de l’Émyde lépreuse,
  • Création d’un dessin animé sur l’myde lépreuse. Ce dessin animé s’adressera prioritairement au plus jeunes pour les sensibiliser à la protection de l’espèce,
  • Réalisation d’une exposition photographique retraçant la vie, les mœurs et les menaces qui pèsent sur cette espèce. Cet outil pédagogique sera proposé à l’ensemble des collectivités locales dans les départements où l’Émyde lépreuse est naturellement présente.

CONCLUSION

À l’échelle mondiale, la biodiversité n’a jamais été soumise à autant de pression qu’à l’heure actuelle, et bon nombre d’espèces végétales et animales sont amenées inéluctablement à disparaitre.

Pourtant, il est de notre devoir d’agir en protégeant de notre mieux tout ce qu’il est encore possible de sauver. L’Émyde lépreuse est la tortue française la plus menacée avec tout au plus un millier de spécimens présents à l’état sauvage dans les Pyrénées-Orientales. La France possède en conséquence une grande responsabilité dans sa conservation.

La mise en place d’une station d’élevage au sein du Refuge des Tortues de Bessières permettrait de rassembler en un seul et même endroit des spécimens isolés et provenant de parcs zoologiques ou de collections privées dans l’objectif de les intégrer à un programme de reproduction, de réintroduction et/ou de renforcement de populations.

Cette approche participerait concrètement à la sauvegarde des populations sauvages actuelles. Vous pouvez aider le refuge ici !

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