Page 1 / 2 / 3 / 4 / 5 / 6 Fiche d’élevage pour Uromastyx Tableau 1. Classification du genre Uromastyx Merrem 1820 COMPLEXE DES "ACANTHINURA" 1. Uromastyx acanthinura acanthinura Bell 1825 est de l’Algérie, sud de laTunisie, nord–ouest de la Lybie Uromastyx acanthinura nigriventris Rothschild & Hartert 1912 nord et sud-ouest de l’Algérie, Maroc 2. Uromastyx dispar dispar Heyden 1827 Soudan, Tchad Uromastyx dispar flavifasciata Mertens 1962 Sahara Occidental, Mauritanie, sud–ouest de l’Algérie Uromastyx dispar maliensis Joger & Lambert 1996 nord–est du Mali, sud-ouest de l’Algérie 3. Uromastyx geyri Müller 1922 sud de l’Algérie, nord–est du Mali, nord–ouest du Niger (Hoggar) 4. Uromastyx alfredschmidti Wilms & Böhme 2000 ouest de la Lybie, sud–est de l’Algérie COMPLEXE DES "AEGYPTIA" 5. Uromastyx aegyptia aegyptia (Forskall 1775) Egypte (à l’est du Nil), Soudan, Israël Uromastyx aegyptia microlepis Blanford 1874 nord de l’Arabie Saoudite, Israël, Syrie, Irak, Iran, Jordanie 6. Uromastyx leptieni Wilms & Böhme 2000 nord d’Oman, est des Emirats Arabes Unis 7. Uromastyx occidentalis Mateo et al. 1999 Sahara Occidental UROMASTYX D’IRAN 8. Uromastyx asmussi (Strauch 1863) nord et est d’Iran, sud–ouest d’Afghanistan, sud– ouest du Pakistan UROMASTYX INDIEN 9. Uromastyx hardwickii Gray 1827 Pakistan, sud-est de l’Afghanistan, nord de l’Inde UROMASTYX D’IRAK 10. Uromastyx loricata (Blanford 1874) centre–nord d’Irak, sud–ouest d’Iran COMPLEXE DES "OCELLATA" 11. Uromastyx benti (Anderson 1894) Yemen, Oman, sud de l’Arabie Saoudite 12. Uromastyx ocellata Lichtenstein 1823 nord-ouest de la Somalie, Djibouti, Erythrée, nord du Soudan, sud–est de l’Egypte 13. Uromastyx ornata ornata Heyden 1827 est de l’Egypte, sud d’Israël, nord–ouest de l’Arabie Saoudite Uromastyx ornata philibyi Parker 1938 Arabie Saoudite, Yemen 14. Uromastyx macfadyeni Parker 1932 nord-ouest de la Somalie UROMASTYX DE SOMALIE 15. Uromastyx princeps O’ Shaughnessy 1880 Somalie UROMASTYX D’OMAN 16. Uromastyx thomasi Parker 1930 Oman
| Le genre Uromastyx Merrem, 1820 fait partie de la famille des Agamidae. Selon la nouvelle classification proposée par Wilms et Böhme en 2001, il comprend 16 espèces et 9 sous-espèces (Tableau 1). La zone de répartition du genre Uromastyx est une zone très étendue qui, à partir du Sahara occidental, traverse tout le Nord de l’Afrique, le Moyen Orient, l’Irak, l’Iran, le Sud de l’Afghanistan, le Pakistan jusqu’au Nord-Ouest de l’Inde (Fig. 1). Uromastyx, appelé « dob » en arabe et « fouette-queue » en français en raison de la manière de se défendre en fouettant avec sa queue épineuse, est un lézard herbivore, terrestre, sédentaire, diurne et héliophile. Il occupe les biotopes pierreux et rocheux des milieux désertiques et semi–désertiques tandis qu’on ne le trouve pas sur les étendues sablonneuses (dunes) qui constituent des barrières à ses déplacements. Toutes les espèces d’Uromastyx sont classées en ANNEXE II de la Convention internationale sur les espèces en danger (Convention on International Trade in Endangered Species, C.I.T.E.S.) dite aussi "Convention de Washington". Les individus prélevés dans la nature doivent être donc vendus avec un numéro de CITES. Ceci permet de contrôler le commerce international de cette espèce qui est considérée comme relativement menacée dans son habitat naturel. L’importation des Uromastyx en Europe occidentale est limitée seulement à certaines espèces qui sont donc plus connues que d’autres par leur détention et reproduction en captivité. A ma connaissance, on peut se procurer, en France, à ce jour, Uromastyx acanthinura nigriventris, Uromastyx dispar maliensis, Uromastyx dispar flavifasciata, Uromastyx geyri, Uromastyx aegyptia aegyptia, Uromastyx ocellata, Uromastyx ornata ornata et Uromastyx hardwickii. Les notes qui suivent concernent la maintenance de huit espèces et sous–espèces d’Uromastyx : – Uromastyx acanthinura nigriventris – Uromastyx dispar maliensis – Uromastyx dispar flavifasciata – Uromastyx geyri – Uromastyx aegyptia aegyptia – Uromastyx ocellata – Uromastyx ornata ornata – Uromastyx hardwickii Parmi ces espèces et sous–espèces, quatre ont été reproduites entre 2000 et 2003 dans les locaux de l’association Bébésaurus, c’est-à-dire : U. a. nigriventris, U. d. maliensis, U. geyri et U. ocellata. Aménagement du terrarium Les dimensions du terrarium varient selon la taille et l’âge des animaux. Les couples reproducteurs de taille moyenne (U. acanthinura, U. d. maliensis, 35-40 cm environ) ainsi que les petits groupes (3 ou 4 individus) d’Uromastyx de petite taille (U. ocellata, 30 cm maximum) ou de taille moyenne (U. o. ornata, U. geyri, 35 cm environ) sont logés dans des terrariums qui ont une surface au sol de 100 x 100 cm ou 180 x 50 cm. Les deux groupes de 3 individus U. a. aegyptia, Uromastyx de grande taille (70-75 cm maximum) sont logés dans des terrariums de 200 x 100 cm. Un groupe de 8 individus U. hardwickii (35 cm environ) est logé dans un terrarium de 200 x 100 cm. Les juvéniles (20-25 cm) sont logés seuls dans des terrariums 100 x 50 cm. Quand cela est possible, une bonne profondeur sera privilégiée car Uromastyx se sent plus en sécurité s’il a du recul par rapport à l’"extérieur". La hauteur des terrariums varie entre 50 cm et 60 cm. Ceci permet d’aménager, grâce au décor (souche, écorce de liège…), un endroit près du tube néon (30 cm maximum), là où les lézards peuvent profiter du rayonnement UVA et UVB. Généralement, Uromastyx ne grimpe pas sur les branches, sauf U. ocellata et U. o. ornata, ou les juvéniles. Sur les côtés du terrarium ou au plafond il y a des aérations grillagées (mes terrariums sont en bois sur les trois côtés, avec des vitres sur glissières devant) qui permettent un changement d’air suffisant et empêchent la surchauffe du terrarium. Sur un côté du terrarium je mets un spot de 60W (ou une lampe à vapeur de mercure mixte de 160W pour les terrariums 200 x 100 cm) à 20 cm du sol et avec une pierre plate au-dessous de manière à créer un point chaud qui atteint 45 à 50° C. Au point le plus frais, au côté opposé, la température sera de 28° C environ. Un bon gradient thermique est très important car il permet à l’animal de régler sa température interne par des adaptations comportementales. Ainsi qu’il le fait dans le milieu naturel, Uromastyx se chauffe, le matin, par rayonnement en se dressant sur les pattes antérieures, le dos vers la source de chaleur. Cependant, en captivité on peut souvent observer l’animal se chauffer aussi par conduction en s’aplatissant sur la pierre situé sous le spot. Quand il a atteint sa température optimale il s’éloigne de lui-même vers le point le plus frais du terrarium. S’il n’arrive pas à baisser suffisamment sa température interne [c’est-à-dire si celle–ci reste supérieure à 39° C en milieu naturel (Grenot, 1976)], Uromastyx manifestera son état par une ventilation rapide en ouvrant la bouche (polypnée thermique), ce qui représente un moyen de refroidissement par évaporation bucco-pharyngée (Grenot & Loirat, 1973). Selon la saison et la température de la pièce, je mets en place un tapis chauffant (Habistat®) qui, à la différence des câbles chauffants, ne peut pas être aisément déterré. Une forte luminosité et une chaleur importante sont essentiels pour une maintenance correcte d’Uromastyx en captivité. Ces données sont maintenues constantes pendant la durée du jour qui sera de 14 heures au maximum en août et de 8 heures au minimum pendant la période d’hivernage (voir chapitre sur la reproduction). Les juvéniles sont chauffés par un petit spot de 40W : leur besoin de chaleur est sensiblement le même que celui des adultes. La nuit le chauffage est coupé et la température du terrarium redescend à la température de la pièce qui varie, selon les saisons, entre 15 et 30° C. En ce qui concerne le substrat, après avoir presque tout essayé et avoir aussi perdu un individu par occlusion intestinale causée par un éclat de hêtre, j’ai opté pour le Litalabo®, ce sont des minuscules copeaux de bois conçus pour les cobayes qui, même s’ils sont ingérés, ne provoquent pas des blessures internes car ils ne sont pas coupant et sont éliminés avec les excréments. Une idée intéressante nous vient des Etats Unis où certains éleveurs maintiennent leurs Uromastyx sur un substrat constitué de graines pour oiseaux; en ce qui me concerne, je trouve un tel aménagement pas vraiment économique ni hygiénique. Les nouveau-nés et les juvéniles jusqu’à 11cm environ sont maintenus sans substrat ou sur du Sopalin, ce qui me permet de contrôler plus facilement leurs excréments, source de renseignements sur leur état de santé. Pour la même raison, je garde sans substrat les animaux malades. Le décor de mes terrariums est constitué en premier lieu d’une écorce (ou une tuile), indispensable pour le bien-être de ces lézards qui s’y cachent quand ils sont stressés ou quand ils dorment. Cet abri est placé du côté frais du terrarium. Pour qu’ils s’y sentent en sécurité, quand ils y sont debout la tête doit toucher le "plafond" ou, mieux encore, ils ne doivent pas pouvoir s’y tenir debout. En principe, il doit y avoir une cachette par animal, mais j’ai constaté que souvent ils dorment dans la même sans problèmes. Une souche assez grande pour permettre aux animaux de s’approcher du tube néon installé au plafond et qui peut être escaladée facilement –ou une écorce qui monte vers le néon– constitue la dernière pièce indispensable du décor. Selon la place à disposition, j’ajoute également des cactus en plastique, des cailloux, parfois des branches, en prenant toutefois garde à qu’il y ait toujours un espace ouvert suffisant pour permettre aux lézards de se déplacer aisément et notamment de s’accoupler. Etant donné la puissance que ces lézards ont dans leur mâchoire et la capacité coupante de leurs dents, j’évite les plantes en plastique, dont les feuilles peuvent être ingérées, ainsi que n’importe quelle plante véritable. Je fais aussi attention à que les éléments du décor ne soient pas simplement appuyés sur le substrat mais qu’ils touchent le fond du terrarium car, en creusant, les fouette–queues risquent de se faire écraser par la souche, les pierres etc. (en particulier les juvéniles et les animaux de petite taille). Tous les deux mois je change le substrat et je passe tout, y compris le décor, à l’eau de javel. Page 1 / 2 / 3 / 4 / 5 / 6 |